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Dans
une équipe internationale, les difficultés ne portent presque jamais sur le
fond technique. Elles portent sur la manière : qui parle, quand, comment on
dit non, et ce que signifie un silence.
La réunion
Dans certaines cultures professionnelles, on interrompt pour montrer son
engagement ; dans d'autres, interrompre est une marque de mépris. Dans
certaines, un silence de trois secondes signale la réflexion ; dans d'autres,
il signale l'embarras et quelqu'un le comble aussitôt. Résultat mécanique :
les mêmes personnes parlent toujours, et l'équipe conclut à tort que les
autres n'ont pas d'avis.
Trois pratiques rééquilibrent cela sans grand effort. Faire circuler
l'ordre du jour et les documents à l'avance, ce qui permet de préparer dans
une langue qui n'est pas la sienne. Instaurer un tour de table explicite sur
les points de décision. Et clore par un récapitulatif écrit des décisions et
des responsables, un compte rendu vaut mieux qu'un accord supposé.
Le retour critique
C'est le sujet le plus explosif. Un retour direct, formulé sans précaution,
est reçu comme professionnel dans certaines cultures et comme une humiliation
publique dans d'autres. À l'inverse, un retour très enveloppé est perçu comme
bienveillant ici, et comme incompréhensible ailleurs, le message
n'atteignant tout simplement pas son destinataire.
La règle qui fonctionne le mieux : critiquer en privé, féliciter en public,
porter le propos sur le travail et non sur la personne, et vérifier la
réception plutôt que l'émission. « Qu'est-ce que tu comptes changer ? » révèle
en une phrase si le message est passé.
Dire non
Beaucoup de cultures évitent le refus frontal. « C'est intéressant », « nous
allons étudier cela », « ce sera difficile », un silence, un changement de
sujet : ce sont des non. Les prendre pour des oui produit des projets qui
s'effondrent tardivement, quand l'échéance arrive.
La parade n'est pas d'exiger de la franchise, mais de poser des questions
qui ne se répondent pas par oui : demander quelles difficultés sont
prévisibles, quelles ressources manquent, à quelle date le premier livrable
sera visible.
Négocier
Les écarts portent sur trois points. Le rythme : entrer dans le vif du sujet
ou construire d'abord la relation. Le statut du contrat : document final et
opposable, ou photographie d'un accord appelé à évoluer. Et le décideur réel,
qui n'est pas toujours celui qui est assis à la table.
La faute classique consiste à interpréter la lenteur comme une manœuvre ou
la renégociation comme une déloyauté. Dans bien des contextes, elles ne le
sont pas.

L'anglais de travail
La langue véhiculaire crée une inégalité que personne ne mentionne : les
locuteurs natifs sont paradoxalement les plus difficiles à suivre, débit,
idiomes, humour, sous-entendus. Les équipes efficaces le disent explicitement
et adoptent quelques règles : parler plus lentement, éviter les expressions
imagées, écrire les chiffres et les dates, et reformuler ce qu'on a compris.
Un point de méthode qui vaut pour tout ce qui précède : ce qui améliore la
communication interculturelle améliore aussi la communication tout court. Les
équipes qui appliquent ces règles constatent que les malentendus baissent
également entre personnes de même origine.


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